Alors elle commença, en moldave, un discours de bienvenue, auquel sa physionomie donnait un sens facile à expliquer. Elleme montra la table, m'offrit un siège près d'elle, désigna du geste la maison tout entière, comme pour me dire qu'elle était à moi . et, s'asseyant la première avec une dignité bienveillante, elle fit un signe de croix, et commença une prière, Alors chacun prit sa place, place fixée par l'étiquette, Grégoriskaprès de moi. J'étais l'étrangère, et, par conséquent, je créais une place d'honneur à Kostaki, près de sa mère Smérande, C'était ainsi que s'appelait lacomtesse, Grégoriska, lui aussi, avait changé de costume, Il portait la tunique XIII LE CHÂTEAU DE BRANKOVAN. 132 Page 136 Les mille et un fantomesmagyare comme son frère, seulement cette tunique était de velours grenat et ses pantalons de cachemire bleu. Une magnifique décoration pendait à son cou .c'était le Nisham du sultan Mahmoud. doudoune lacoste homme Le reste des commensaux de la maison soupait à la même table, chacun au rang que lui donnait sa position parmi les amisou parmi les serviteurs. Le souper fut triste, pas une seule fois Kostaki ne m'adressa la parole, quoique son frère eût toujours l'attention de me parler enfrançais. Quant à la mère, elle m'offrit de tout ellemême avec cet air solennel qui ne la quittait jamais. Grégoriska avait dit vrai, c'était une vraieprincesse, Après le souper, Grégoriska s'avança vers sa mère, Il lui expliqua, en langue moldave, le besoin que je devais avoir d'être seule, et combien lerepos m'était nécessaire après les émotions d'une pareille journée, Smérande fit de la tête un signe d'approbation, me tendit la main, me baisa au front,comme elle eût fait de sa fille, et me souhaita une bonne nuit dans son château. Grégoriska ne s'était pas trompe, ce moment de solitude, je le désiraisardemment. Aussi remerciaije la princesse, qui vint me reconduire jusqu'à la porte, où m'attendaient les deux femmes qui m'avaient déjà conduite dans machambre, Je la saluai à mon tour, ainsi que ses deux fils, et rentrai dans ce même appartement d'où j'étais sortie une heure auparavant. Le sofa étaitdevenu un lit. survetement lacoste pas cher pour homme, Voilà le seul changement qui s'y fût fait. Je remerciai les femmes. Je leur fis signe que je me déshabillerais seule, elles sortirentaussitôt avec des témoignages de respect qui indiquaient qu'elles avaient ordre de m'obéir en toutes choses. Je restai dans cette chambre immense, dont malumière, en se déplaçant, n'éclairait que les parties que j'en parcourais, sans jamais pouvoir en éclairer l'ensemble, Singulier jeu de lumière, quiétablissait une lutte entre la lueur de ma bougie et les rayons de la lune, qui passaient par ma fenêtre sans rideaux. Outre la porte par laquelle j'étaisentrée, et qui donnait sur l'escalier, deux, autres portes s'ouvraient sur ma chambre, mais d'énormes verrous, placés à ces portes, et qui se tiraient demon côté, suffisaient pour me rassurer. J'allai à la porte d'entrée, que je visitai. Cette porte, comme les autres, avait ses moyens de défense, XIII LECHÂTEAU DE BRANKOVAN.